Pâques 2026 : Les 5 œufs de palaces qui méritent votre attention

A force d’être répété chaque année, l’œuf de Pâques des palaces aurait pu finir par être ignoré. Une création attendue, un objet parmi d’autres, décliné chaque année avec plus ou moins d’inventivité. Et pourtant, chez certains, quelque chose continue de nous surprendre. Qu’est-ce qu’un œuf de Pâques raconte encore aujourd’hui ? Certains choisissent la prouesse technique, d’autres, la nostalgie de l’enfance et des plaisirs régressifs. La Rédaction a sélectionné les cinq plus belles créations de palaces qui, chacune à leur manière, redonnent du sens au chocolat en 2026.

5. Le Bristol Paris — Rendre visible l’invisible

Pourquoi on l’aime ?

Au Bristol, l’œuf ne naît ni d’un croquis ni d’un concept décoratif. Mais d’un geste : celui du pochage d’un Saint-Honoré. Un mouvement précis et répété jusqu’à devenir inné… au point de disparaître derrière le résultat. Et c’est précisément cette part invisible du métier que les chefs pâtissiers Maxence Barbot et Johan Giacchetti ont choisi de capter et de traduire dans le chocolat. Les arêtes régulières qui structurent l’œuf sont la trace directe de cette technique, la matérialisation d’un savoir-faire qui, d’ordinaire, ne se voit pas.

Ce parti pris met en lumière les valeurs et les créateurs derrière notre patrimoine pâtissier national : la précision, la répétition et l’exigence du détail. En écho au travail de l’ombre de tous ceux qui font le bonheur de nos papilles, l’œuf ne cherche pas à impressionner immédiatement par son visuel. Mais il séduit par ce qu’il révèle : ce qui fait le plus de sens est parfois ce qui est le moins visible.

Et côté dégustation ?

Le chocolat noir du Venezuela, à 70 %, produit une structure franche qui sert de colonne vertébrale à l’ensemble. Autour de cette base viennent se déployer des notes plus rondes et gourmandes : un caramel délicat, des noisettes du Piémont aux accents légèrement torréfiés, puis un praliné relevé d’une pointe de fleur de sel. La fève de tonka apporte une chaleur subtile, sans jamais prendre le dessus.

Une création d’une grande justesse, portée par une véritable vision et qui mérite qu’on s’y attarde.

Par ici les infos !


Œuf Saint-Honoré — 115 €

Disponible à l’Épicerie des Ateliers du Bristol à partir du 18 mars 2026, réservation ici.

(D’autres créations sont aussi à retrouver jusqu’au 12 avril comme la Pâtisserie Saint-Honoré au chocolat — 39 €)

4. Plaza Athénée — L’œuf qui incarne l’esprit même du palace

Pourquoi on l’aime ?

Au Plaza Athénée, l’approche est complètement différente. Angelo Musa et Élisabeth Hot choisissent d’interroger l’expérience même de Pâques, dans ce qu’elle a de plus universel. Ils le formulent clairement : « Nous souhaitions réellement mettre en avant le jeu, la joie, l’enfance ». Avec eux, l’œuf de Pâques redevient ce qu’il a toujours été : un objet de jeu et de découverte.

La forme, presque archétypale, est pensée pour être immédiatement lisible, accessible, reconnaissable par tous — y compris par les enfants afin qu’elle puisse « les émerveiller ».

Les chefs assument d’ailleurs pleinement le cadre dans lequel ils s’inscrivent : «Évidemment, l’œuf de Pâques est un exercice très attendu ». Plutôt que de le détourner, ils choisissent de travailler à l’intérieur de cette attente, en ancrant leur création dans l’identité même du lieu. « Nous voulons que chaque création ait un lien fort avec l’identité de l’Hôtel Plaza Athénée. On retrouve ainsi les codes propres au Plaza Athénée : le rouge, le velours à la texture unique, la cohérence avec l’univers hôtelier », expliquent-ils, faisant de cet œuf un prolongement direct de l’univers du palace. Et le pari est réussi puisque l’objet condense à lui seul l’identité visuelle du palace.

La surprise qu’il renferme

Mais c’est en le brisant que la création prend toute sa dimension. À l’intérieur, des clés sont dissimulées dans la matière, comme autant de fragments à découvrir. Le geste qui consiste à casser l’œuf devient alors nécessaire pour accéder au sens de l’objet.

Les chefs le soulignent eux-mêmes : «Cette création renvoie directement au jeu, à la nécessité de casser l’œuf pour découvrir le trésor qu’il renferme. Evidemment, c’est aussi un clin d’oeuf à nos neuf concierges Clefs d’Or ». Ce n’est donc plus seulement une dégustation, mais une exploration qui passe par la rupture et permet de revenir à l’esprit de la chasse aux oeufs de notre enfance sans même avoir à se déplacer.

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Œuf « aux Clefs d’Or » — 120 €

Disponible à la Galerie du Plaza Athénée

Du 23 mars au 8 avril 2026

Commande à effectuer au minimum 72h à l’avance : ici

3. Park Hyatt Paris-Vendôme — Le chocolat comme matière vivante

Pourquoi on l’aime ?

Au Park Hyatt Paris-Vendôme, l’œuf semble au contraire surgir d’un processus, comme s’il était encore en train de se constituer sous nos yeux. Naré Kim imagine ici une pièce qui ne cherche pas à lisser la matière, mais à en révéler les strates, les aspérités, les irrégularités. L’objet évoque moins un œuf que l’extraction d’une pierre précieuse, encore prise dans sa roche.

La cheffe revendique d’ailleurs cette approche très directe : puiser « dans les douceurs de son enfance » pour les transformer en une forme plus brute, presque minérale. Le chocolat n’est plus seulement travaillé pour sa brillance ou sa perfection, mais pour sa capacité à retenir une trace. Plaques superposées, surfaces irrégulières, couches déposées les unes sur les autres — tout donne le sentiment d’un façonnage progressif, comme celui qu’on retrouverait dans la nature.

Et côté dégustation ?

La cheffe parle d’une « composition aussi généreuse qu’équilibrée ». Et l’on comprend rapidement pourquoi. La base, dense et rassurante, s’apparente à un biscuit chocolat façon cookie. Vient ensuite une première rupture nette avec un voile de chocolat fondu.

Puis les textures s’enchaînent : un gianduja praliné pécan et chocolat blanc à la fleur de sel, plus léger, presque mousseux, suivi d’éclats de pécans torréfiés, figés dans le chocolat comme des inclusions minérales. Mais c’est au cœur que l’objet révèle son intention la plus forte. Un insert de caramel, à la fleur de sel et à la vanille, se déploie lentement, « évoquant la lueur dorée d’une gemme révélée au cœur de la pierre ». Chaque couche révèle la précédente, jusqu’au coeur.

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Œuf « L’Éclat d’Enfance » — 110 €

Disponible du 1er au 6 avril 2026, réservations ici

Park Hyatt Paris-Vendôme, 5 rue de la Paix, 75002 Paris

2. Mandarin Oriental Paris — L’approche locavore qui séduit

Pourquoi on l’aime ?

Au Mandarin Oriental, l’œuf de Pâques ne se contente pas d’être une création pâtissière. Il s’inscrit dans un écosystème et privilégie une approche locavore qui, tout de suite, interpelle.

Avec La Ruche, Julien Dugourd et Théo David prolongent une réflexion déjà engagée par l’hôtel : celle d’une production intégrée, où les ingrédients ne sont pas seulement sélectionnés, mais issus directement de l’environnement de l’établissement. Le miel utilisé dans la création provient des ruches installées sur les toits du Mandarin Oriental, faisant de cet œuf une extension presque naturelle du lieu et une ode aux circuits courts.

Et côté dégustation ?

Inspirée de la ruche elle-même, la création fait preuve de générosité dans ses proportions. Sous la coque chocolatée, un praliné noisette onctueux apporte profondeur et rondeur, tandis que des noisettes caramélisées introduisent encore plus de croquant. Mais c’est le miel qui structure véritablement l’ensemble. Présent sous forme de caramel, il diffuse des notes chaudes et florales, enveloppantes sans être pesantes, qui viennent relier les différentes textures entre elles.

Ce qui frappe ici, au-delà de la technique, c’est la cohérence du propos servi. Une création où le produit, le lieu et l’intention vont dans la même direction.

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Œuf « La Ruche » — 75 €

Disponible au Cake Shop du Mandarin Oriental Paris

Du 27 mars au 12 avril 2026

Commande en ligne 24h à l’avance recommandée

1. Shangri-La Paris – La ruche, grandeur (pour la) nature

Pourquoi la Ruche Impériale est notre création favorite ?

Cette année, les abeilles s’imposent comme l’un des motifs récurrents de Pâques.

Mais Timothy Lam imagine une création qui s’éloigne volontairement de l’archétype pour s’inscrire dans une histoire plus vaste, celle du lieu lui-même. Ancienne demeure du prince Roland Bonaparte, le Shangri-La porte en lui un imaginaire particulier, que le chef choisit ici de réactiver à travers une figure inattendue : celle de l’abeille.

L’inspiration est assumée avec clarté : « Je me suis inspiré de l’emblème de la famille Bonaparte, l’abeille ». Mais loin de se limiter à un motif, cette référence devient une manière de relier la création à une mémoire. L’objet prend alors la forme d’une ruche, structurée, presque architecturale, dont les lignes évoquent autant un édifice qu’un assemblage vivant.

Le soutien à la biodiversité : rendre hommage à la fragilité de nos écosystèmes

Mais c’est dans l’intention que la création trouve sa véritable profondeur. Timothy Lam inscrit son travail dans une réflexion plus large : « L’abeille est devenue un symbole de protection de l’environnement et de la biodiversité. Grâce à elle, à son rôle essentiel dans la pollinisation, nous avons, en tant que pâtissiers, la chance de profiter de magnifiques fruits issus de nos vergers ».

Cette ruche n’est donc pas seulement une belle pièce. Elle est aussi une manière de rappeler que derrière le chocolat, derrière le sucre, il existe un écosystème fragile, dont dépend une grande partie de ce que nous consommons : « Depuis toujours, je suis fasciné par le travail des abeilles et celui des apiculteurs », évoque d’ailleurs le chef pâtissier.

Et côté dégustation ?

Les noisettes et les amandes caramélisées apportent une première accroche, un croquant net qui contraste avec la douceur plus enveloppante des textures suivantes. Le praliné et la ganache au miel viennent ensuite lier l’ensemble, apportant une rondeur bienvenue, où les notes florales du miel trouvent toute leur place.

Le chef le résume d’ailleurs lui-même avec justesse : « Chaque détail du dessert est pensé pour éveiller les sens et inviter les convives à vivre une expérience reflétant l’élégance et la poésie de cette maison ».

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Œuf « La Ruche Impériale » — 128 € (1,5 kg)

Disponible du 23 mars au 19 avril 2026

Vous pouvez réserver par téléphone au 06 61 86 56 86

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