
C’est l’un des évènements de l’année du marché hôtelier parisien. Et pour cause, la griffe de luxe Louis Vuitton devrait ouvrir les portes de son projet hôtelier cette année sur la plus belle avenue du monde. Et le programme s’annonce extrêmement solide : spa de 1.500 mètres carrés, dix suites haut de gamme, dont trois duplex et un triplex avec vue panoramique sur Paris, restaurant de prestige au dernier étage… Tout semble réuni pour faire de la nouvelle adresse le nouveau temple du luxe. L’ambition est en effet titanesque, à l’image de la malle qui recouvre déjà le 103–111 avenue des Champs-Élysées où le projet se déploiera. Mais l’Hôtel Louis Vuitton parviendra-t-il à se différencier suffisamment à l’heure où la guerre pour les clients les plus exigeants fait rage ?
Un emplacement ultra-stratégique
Louis Vuitton a vu les choses en grand : si un hôtel doit porter son nom, il sera sur les Champs. Et nulle part ailleurs. L’avenue est le coeur battant de Paris, le point où tout converge. Si la clientèle de luxe a, depuis quelques temps déjà, diversifié ses lieux de passage, celui-ci n’en demeure pas moins l’un des plus iconiques. D’autant qu’il semble, ces derniers mois, retrouver toutes ses lettres de noblesse au vu des multiples ouvertures qui ont défrayé la chronique. Que ce soit le RH Paris, dont le restaurant a beaucoup fait parler de lui sur les réseaux, ou le Café Lacoste, une chose est sûre : les Champs sont définitivement vivants et n’ont pas fini d’entendre parler d’eux.
Attention toutefois, car le projet hôtelier LV risque de rencontrer une concurrence féroce. Le long de l’avenue, les Maisons ne manquent pas. Elles jouissent d’ailleurs, pour certaines, d’une réputation durablement ancrée du côté de la clientèle internationale. L’Hôtel Balzac, que notre rédaction a adoré, est déjà l’une des résidences parisiennes les plus convoitées par les clients du monde entier, tant son SPA japonisant et son histoire attirent tous les regards. Un peu plus loin, l’Hôtel de Sers, situé à peine à quelques mètres, figure aussi parmi les cinq étoiles plus emblématiques de la capitale.

Des atouts hors-normes pour l’Hôtel Louis Vuitton
Point d’inquiétude néanmoins du côté de la Maison car elle sait qu’elle peut compter sur des atouts de taille. Aussi prestigieux soient-ils, aucun des établissements n’a pour arme 6.000 mètres carrés de surface. Avec autant d’espaces, l’ambition de faire de l’hôtel plus qu’un simple hôtel mais un lieu hybride – comprenant un café, une boutique de cadeaux, une chocolaterie ainsi que des expositions – a de fortes chances d’aboutir.
Les infrastructures ne devraient, elles non plus, pas manquer. Si les détails sont encore flous, on peut s’attendre à un SPA XXL, à la hauteur du reste. De quoi trancher avec nombre d’établissements du secteur qui, contraints par les prix de l’immobilier, n’ont d’autre choix que de limiter les volumes de leurs espaces de détente, voire de les supprimer pour se consacrer à leurs chambres et restaurants. Avec Louis Vuitton, on ne se résigne à rien, on prend tout.
Et la Maison n’en est pas à son premier coup d’essai. D’abord, parce qu’elle a toujours offert une place singulière à l’architecture dans ses défilés (on se souvient tous des défilés sensationnels à Palm Springs ou encore à l’Institut Salk d’études biologiques). Mais surtout parce qu’elle avait déjà ouvert plusieurs établissements connexes : une chocolaterie, rue du Pont-Neuf, en 2022 puis un restaurant Louis Vuitton, place des Vosges, il y a trois ans.
Ne manquait donc qu’un hôtel pour trôner au sommet de cet empire qui dépasse, et de loin, les seules limites de l’imaginaire créatif.
« Avec Louis Vuitton, on ne se résigne à rien, on prend tout. »
Palace ou pas palace ? Telle est la question pour l’Hôtel Louis Vuitton
Plus que les plans complets de l’hôtel ou l’ambiance forgée par les architectes d’intérieur, une grande inconnue demeure : l’ambition est-elle de faire de l’Hôtel Louis Vuitton le 13ème palace de la capitale ? Si nombre de médias ont déjà prédit ce succès et ont automatiquement considéré que cette distinction était naturelle au vu du pédigrée de la maison, c’est oublier un peu trop vite la rigueur de la sélection.
Il est vrai que beaucoup de critères sont d’ores et déjà cochés sur le papier. Mais il faudra, dans tous les cas, attendre vingt-quatre mois après ouverture, délai imposé pour prétendre au Graal, pour en avoir le coeur net. A noter d’ailleurs que certains hôtels de maisons de luxe, comme le Bulgari Hôtel, malgré le caractère exceptionnel de leurs installations, n’y ont pas encore accédé.
Reste à vérifier, dès qu’il sera finalisé, si le projet, confié à l’agence franco-uruguayenne Barthélémy Griño, rayonnera autant que les derniers projets de la marque. et si, cette fois encore, la Maison transformera l’essai – ou si le marché hôtelier résistera enfin à son ambition.
Image d’en tête © Edward Berthelot / Getty Images


