Alan Taudon : le nouveau chef exécutif de l’Hôtel de Crillon

Il faut parfois tout quitter pour renaître. C’est le double espoir d’Alan Taudon et de l’hôtel mythique Le Crillon, qui vient de le nommer Chef Exécutif du palace de la Place de la Concorde. Il quitte ainsi l’Orangerie du George V, où il avait obtenu sa deuxième étoile en 2024, pour se lancer dans une nouvelle aventure, avec des objectifs renouvelés. En face, le palace guettait l’occasion de renouer avec la gastronomie et la course aux étoiles après que son restaurant l’Ecrin, mené par le chef Boris Campanella, avait fermé ses portes en décembre dernier. C’est désormais chose faite.

Ouvrir un nouveau chapitre

Ses fonctions débuteront le 1er juin prochain mais le nouveau projet de restaurant, probablement à son image, ne verra, lui, le jour qu’en 2027. D’ici là, le Chef devra déjà apprendre à collaborer avec un autre occupant des lieux : Paul Pairet, à la tête de Nonos et Comestibles. Et le parcours du cuisinier laisse augurer le meilleur pour ce nouveau départ. Fort d’un CV à faire pâlir les plus grands, Alan Taudon s’est formé chez les meilleurs : la Réserve de Beaulieu, l’Oustau de Baumanière et le Meurice époque Yannick Alléno.

De belles adresses donc, qui ont forgé durablement son identité culinaire, à la croisée de l’excellence, de l’humilité et de la recherche d’émotions. C’est néanmoins véritablement sa rencontre avec son mentor Christian Le Squer qu’il prendra son envol. Après avoir accepté son offre de sous-chef au Pavillon Le Doyen, il l’accompagne, fidèle, au Four Seasons Hotel George V et va jusqu’à prendre la succession de David Bizet à L’Orangerie, un des restaurants du Palace. C’est là qu’il y développe sa vision singulière et résolument contemporaine, qui puise dans les racines bretonnes de son père et dans son amour du végétal et de la mer. Et c’est cette vision que le Crillon est précisément venue chercher.

Offrir à ses clients l’excellence gastronomique attendue

La distinction Palace se mérite. Et le Crillon le sait mieux que personne. C’est pourquoi il était indispensable pour lui, a fortiori dans un contexte de guerre entre (rares) élus pour se différencier, de disposer d’une table à la hauteur du prestige de ses chambres. Le départ du chef Campanella avait, en effet, laissé un vide que l’établissement s’est empressé de combler. Une ambition forte est aujourd’hui affichée par la direction qui voit dans ce renouveau l’opportunité de faire irradier l’innovation portée dans les plats du Chef dans l’ensemble de l’offre de l’hôtel.

C’est d’ailleurs ce qui justifie l’étendue des missions du nouveau Chef Exécutif qui sera en charge de garantir l’harmonie des propositions entre le restaurant gastronomique et les autres tables et points de restauration que sont le Jardin d’Hiver, le Bar Les Ambassadeurs, et le room service.

Cette nomination survient donc à point nommé, au moment même où l’offre gastronomique des palaces souffrait, selon certains, d’une réputation déclinante avec un nombre d’étoiles en chute libre ces dernières années. L’occasion unique de donner tort aux Cassandre et de montrer que si ces établissements sont distingués et portés au sommet, c’est parce qu’ils ont, plus que tous, le goût de l’excellence et de l’innovation. Reste désormais à voir si cette nouvelle page permettra au Crillon de retrouver sa place au sommet de la gastronomie parisienne.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut