
Ils se battent pour faire rayonner le petit village de Bussang bien au-delà des Vosges. Et leur Domaine, à la croisée de l’hôtellerie de plein air haut de gamme et de la destination gastronomique d’excellence, concentre tout ce que la région vosgienne fait de mieux. Ingrid et Jean-Michel Gehin, entourés de leurs équipes, ont fait de leur maison de famille un manifeste de ce que le luxe de demain peut devenir : au-delà du confort absolu, une démarche locavore responsable et une capacité rare à faire vibrer l’âme des lieux et du territoire. Immersion dans ce qui constitue une porte d’entrée idéale vers les trésors des Vosges.
Avant le prestige, une histoire de famille
« Nous ne sommes pas des hommes d’affaires. Nous voulons simplement laisser une trace et faire rayonner notre belle région et ce beau village authentique, qui méritent vraiment d’être encore plus mis en avant ». Lorsque Jean-Michel prononce cette phrase, assis dans l’alcôve du restaurant face aux reliefs vosgiens qui entourent Bussang, nous comprenons immédiatement que nous ne nous trouvons pas dans un simple domaine de montagne haut de gamme. Car derrière les cottages avec piscine privative et le spa dernier cri enrichi récemment d’une grotte de sel et d’un jacuzzi suspendu en tête à tête avec les massifs, derrière la table gastronomique et les projets de développement qui continuent de façonner l’avenir du site, se cache avant tout une aventure familiale portée depuis plus de trente ans par un désir profond : faire découvrir les Vosges et créer un attachement chez ceux qui viennent les explorer.
Tout commence en 1989. À l’époque, les parents de Jean-Michel ouvrent un camping à la ferme. À ce moment-là, aucun plan de développement spectaculaire n’est en vue. Aucun projet hôtelier ne se dresse à l’horizon. Seulement l’envie de faire vivre une activité dans ce coin de montagne auquel la famille est profondément attachée. Jean-Michel prend, lui aussi, très rapidement part à l’histoire du domaine : « Mon père m’avait construit une cabane de trois mètres sur trois et m’avait dit que je ferais des frites et des saucisses pour les campeurs », se souvient-il en souriant.
Personne n’imagine alors que ce petit camping familial deviendra, plusieurs décennies plus tard, l’une des adresses les plus iconiques du Grand Est. Encore aujourd’hui, Jean-Michel parle moins d’entreprise que de territoire. « Autrefois, c’était une véritable destination touristique pour une clientèle balnéaire exigeante. On veut faire revivre cet âge d’or. »


L’envie de faire toujours mieux
À mesure que le domaine grandit, Ingrid rejoint progressivement l’aventure. Après une carrière dans l’immobilier puis dans le secteur médical, elle finit par quitter définitivement son activité pour se consacrer à ce projet devenu commun. « On a refait des travaux pour que je puisse aussi mettre ma patte et écrire notre histoire ensemble », raconte-t-elle. La cave. Puis le restaurant, les hébergements et le spa. Et bientôt un hôtel de vingt chambres qui viendra compléter l’offre existante en 2027.
Si les prestations connaissent une progression constante, l’histoire fulgurante du Domaine n’a pourtant rien d’une course à la sophistication. Elle procède davantage par couches successives, comme si chaque évolution devait rester fidèle à l’esprit originel du lieu. « Quand on se met à la place du client, qu’on entend des retours qui saluent chacune des améliorations réalisées, on n’a qu’une envie : continuer de réinvestir pour monter en puissance », explique Jean-Michel.
Une philosophie qui se retrouve partout. Dans les cottages contemporains ouverts sur les montagnes. Dans les piscines privatives qui prolongent les terrasses. Dans les matières chaleureuses qui habillent les cabanes. Jusque dans les finitions pensées dans leurs moindres détails avec ces interrupteurs en cuir et ces jeux de lumière, ces cheminées et ces vues qui invitent moins à consommer le séjour qu’à prendre le temps de ne faire qu’un avec cet environnement luxuriant.
Parmi tous les hébergements du domaine, aucun ne raconte aussi bien cette histoire que la Cabane Ingrid. Pensée à l’origine comme un refuge destiné aux couples dans un univers traditionnellement tourné vers les familles, elle est rapidement devenue l’une des signatures du domaine. Et on le comprend car ses atouts ne manquent pas : design pointu, terrasse privative, cheminée électrique, inspirations haussmanniennes, cuisine équipée avec cave à vin. Mais ce qui la rend touchante réside moins dans son esthétique que dans les ferments de son histoire.
« La Cabane Ingrid, c’était notre vrai projet commun. On l’a bâtie sans business plan, juste par conviction qu’il était possible de faire quelque chose de beau. Quelque chose qui reflétait nos valeurs et notre amour : celui qu’on se porte, celui qu’on a pour nos clients. » Peu de phrases résument aussi bien l’esprit du lieu. Car derrière chaque pierre, chaque extension ou chaque nouvelle idée, il y a cette sensation persistante qu’Ingrid et Jean-Michel ont eu à cœur de construire un lieu à leur image.
Un peu plus loin, le spa poursuit cette même logique. Entièrement repensé, il accueille désormais un univers Pure Altitude, de multiples espaces de relaxation, un hammam, un sauna et une grotte de sel ainsi qu’un jacuzzi suspendu offrant une vue spectaculaire sur le massif vosgien. « En 2022, nous avions obtenu trois lotus. Nous allons désormais passer à cinq lotus », explique Ingrid. Le maximum attribué par le label Spas de France. Une reconnaissance qui témoigne du chemin parcouru.

Une table gastronomique comme une ode au terroir vosgien
S’il existe toutefois un endroit où l’amour des Vosges se raconte avec le plus de force dans ce Domaine, c’est probablement une fois à table. Longtemps simple bar, devenu ensuite restaurant puis brasserie et enfin table bistronomique, l’établissement connaît aujourd’hui une nouvelle transformation sous l’impulsion du chef Enzo Manfredi. Arrivé il y a dix ans comme pâtissier, il a grandi avec le domaine et y porte un attachement au moins aussi viscéral que les propriétaires des lieux. « Celui qui est venu il y a six ans se rend bien compte que l’âme est toujours là mais que tout a changé », nous confie-t-il. Et le chef, comme le responsable de salle Andrew Zanellato sont loin d’être étrangers à cette ascension : ce sont aussi eux qui ont encouragé l’ambition d’Ingrid et Jean-Michel dans à pousser les curseurs toujours plus haut. « On nous a donné toutes les cartes pour progresser. Avec eux [Ingrid et Jean-Michel], on n’a aucun frein, aucune barrière pour exprimer notre créativité, dès lors que nos propositions ont pour finalité d’élever l’expérience client. »

@Les Chroniques du Luxe

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Dans ses assiettes, la région n’est jamais un argument marketing pour touristes en quête d’immersion. Elle s’immisce simplement partout. Dans le miel du Rucher de la Colline qui accompagne plusieurs créations. Dans les poissons de la pisciculture du Breuchin. Dans les fromages de la Chèvrerie de la Moselle et de Beldicot. Dans les fleurs, les herbes et les légumes enfin, cueillis à quelques mètres seulement des cuisines au cœur du potager du Domaine. « Au milieu de la forêt comme dans le pré d’à côté, on peut trouver des choses qui vont sublimer l’assiette. Alors pourquoi aller chercher ailleurs ce qu’on a juste à côté ? » souligne le chef. La démarche va d’ailleurs être encore approfondie ce printemps puisqu’une serre de 300 m² vient de sortir de terre pour permettre de pousser encore plus loin cet engagement de proximité et de saisonnalité.
Rarement la notion de terroir nous aura semblé aussi sincère. Le spectaculaire omble chevalier présenté dans un coffret de bois fabriqué dans le village voisin en est l’exemple parfait. De même que ce dessert autour du miel qui reproduit les alvéoles d’une ruche et qui, jamais, ne tombe dans la sucrosité excessive, révélant plutôt des notes rondes, florales et épicées. Chaque plat prolonge le paysage que l’on aperçoit à travers les fenêtres. Sans jamais renier l’amour des beaux produits puisque foie gras poché et caviar Osciètre Prestige ponctuent le dîner, comme autant de témoins de la volonté des propriétaires d’honorer leurs convives des mets les plus nobles.


Pourtant, ce qui nous a le plus touchés n’est ni la qualité du dîner, ni le confort des hébergements. Ce sont les innombrables gestes d’attention et d’amour qui font véritablement vivre le Domaine. Ces arbres plantés pour célébrer la naissance des enfants des collaborateurs et ces graines offertes par des clients qui souhaitent laisser une trace de leur passage.
Ou encore, cette alcôve créée en hommage à Kathia Schillinger, amie précieuse, inspiratrice et passeuse d’élégance pour Ingrid et Jean-Michel, aujourd’hui disparue. « Cet endroit doit respirer l’amour », nous explique Ingrid. Jean-Michel acquiesce : « L’argent ne l’achètera jamais. » Alors parfois, même lorsque le restaurant est complet, la table peut rester vide. Parce qu’elle est réservée aux moments qui comptent vraiment, comme un anniversaire de mariage ou un moment de célébration dans la vie d’un couple. Peu d’établissements accepteraient de sacrifier un couvert pour une idée mais au Domaine de Champé, c’est une évidence.
En quittant Bussang, on ne peut s’empêcher de constater qu’avec autant de graines semées, on finit par repartir du Domaine avec l’une d’entre elles plantée au fond de notre cœur, aux mille couleurs des Vosges.

Par ici les infos !
📍Le Domaine de Champé ici
14 Rue des Champs Navés, 88540 Bussang
03 29 61 61 51
Les + : des navettes ont été mises en place depuis la gare de Rémirémont pour ceux qui ne veulent pas conduire et de multiples activités sont organisées pour les enfants (récoltes au potager et ateliers cuisine)
Prix :
- Cabane Ingrid à partir de 122 € par nuit (et 170 € le week-end)
- Menu Découverte (3 temps) : 39,90 €
- Menu Dégustation (5 temps) : 59,90 €
- Menu Signature (7 temps) : 72 €
- Accès SPA : 25 € pour les résidents / 38 € pour les non-résidents


